Molenbeek-Saint-Jean

Question FAPEO 1. Quelle(s) demande(s) exprimée(s) dans ce mémorandum ne rencontre(nt)pas votre approbation et pourquoi ?

 

Réponse :

L’ensemble des demandes exprimées vont globalement dans le même sens que notre programme à savoir l’ouverture de l’école vers le monde extérieur. L’objectif de l’école doit être l’émancipation sociale et l’épanouissement personnel de tous les jeunes. L’esprit critique, la solidarité, le travail en équipe, le débat démocratique, la culture et la santé doivent être au centre des enseignements. On ne peut pas apprendre la citoyenneté dans un milieu fermé, coupé du monde. Les parents ont donc un rôle important à jouer dans le fonctionnement démocratique de l’école. Nous pensons que ces derniers doivent vraiment être inclus dans le projet éducatif en tant que partenaires.

Question FAPEO 2. Parmi les demandes déclinées en 4 thèmes dans ce mémorandum, quelles actions prioritaires retenez-vous pour votre projet de déclaration de politique générale communale ?

Réponses :

D’abord : l’enseignement sera la priorité pour le PTB dans les mois et années à venir. Nos écoles molenbeekoises ont un résultat moyen de 10 % en-dessous de la moyenne de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Nous ne pouvons plus accepter cela. Une génération est sacrifiée. Nous devons investir dans nos écoles. Pour souligner l’urgence, nous invitons les parents à une Marche pour notre Avenir le dimanche 7 octobre à 15H au Parvis St Jean Baptiste.

1)      Les parents, des acteurs et partenaires reconnus à tous les niveaux. Actions prioritaires :

 

L'Ecole pour laquelle nous nous battons sera une école ouverte sur le quartier, au niveau de l'infrastructure (voir plus bas), mais surtout au niveau d'activités culturelles et de loisirs, qui pourront inclure les enfants comme les parents du quartier. 

Nous voulons que les parents participent dans les projets éducatifs et qu’ils soient inclus dans le processus consultatif et décisionnel de l’école. Pour cela, nous plaidons pour des structures démocratiques reconnues.

Au conseil communal de Molenbeek, notre conseiller Dirk De Block est intervenu à chaque discussion sur les projets pédagogiques des écoles pour rajouter un paragraphe mentionnant explicitement que l’école veut stimuler, soutenir les parents à ce que ces parents puissent se réunir, créer une association de parents ou rencontrer collectivement régulièrement la direction. À chaque reprise, la majorité s’est opposée à cet amendement concret du PTB.

Connaissant les difficultés pour maintenir une continuité dans les associations de parents dans chaque école, nous plaidons pour la reconnaissance d’une association de parents pour l’ensemble du PO communal.

Et pour choisir les priorités dans notre programme, nous avons enquêté 1200 Molenbeekois, dont pas mal de parents d’école. Leurs priorités : un soutien scolaire gratuit et de qualité, des classes plus petites, des écoles bilingues, et la gratuité scolaire.

2)      Santé, hygiène, bien-être et climat scolaire. Actions prioritaires :

 

Nous voulons des repas sains et abordables dans les écoles pour tous les élèves. La cuisine saine peut faire partie des cours, cela favoriserait aussi l’échange culturel. Le PTB Molenbeek et sa maison médicale « Renfort » sont en train d’élaborer une campagne pour revendiquer des repas sains et gratuits à l’école. C’est un scandale qu’aucune école molenbeekoise participe au projet pilote des repas scolaires gratuits et sains ! Nous proposons aussi qu’on abandonne Sodexho, et qu’on prépare les repas scolaires à Molenbeek même, engageant des Molenbeekois(es). Les repas scolaires devraient respecter la diversité culturelle et diététique des élèves. Des repas chaudes halal, végétariens, sans gluten etc. devraient être prévus aussi, comme cela se fait en Finlande. Actuellement, certains écoles molenbeekoises n’ont même plus la capacité de faire asseoir tous les élèves dans une réfectoire. Les réfectoires ont été phagocytées pour créer des classes pour répondre au boom démographiques. Conséquence : des classes sont utilisées pour manger. Et dans certains écoles, les classes sont trop petites (pas assez de chaises) pour asseoir tout le monde, et donc les enfants mangent par terre. Nous devrons donc construire plus des nouvelles écoles, afin de résoudre la surpopulation relative de nos écoles. (Les cours de récré sont aussi plus petits qu’avant, avec les classes conteneurs dessus).

Nous devons mettre tout en œuvre pour lutter contre l’insalubrité des bâtiments et des sanitaires. Avec les parents de l’Ecole 7, le PTB s’est mobilisé pour résoudre les problèmes de rats/souris dans l’école. Mais à l’Ecole 13, c’était un plafond qui risquait de s’effondrer. Et des toilettes qui ne sont plus adaptées à la taille des écoles. Les équipes de nettoyage des écoles n’ont pas suivi l’extension du nombre d’élèves et de surface après la création de nouvelles écoles. Conséquence : une surcharge permanente. Les toilettes ne sont pas nettoyées assez souvent, et des parents et professeurs ont rapporté des cas de cystites parce que des enfants n’osent plus aller à la toilette.

Nous voulons de gros investissements dans l'accueil extrascolaire au sein des écoles, qui permettent à la fois aux enfants de s'épanouir dans des activités encadrées de qualité (soutien scolaire, sport, activités artistiques et culturelles...), et aux parents de pouvoir mener une vie professionnelle sereine. A Molenbeek, le PTB a soutenu et organisé les parents qui s’opposaient à la décision communale de rendre les garderies payantes. Avec une pétition, des actions et même la convocation d’un conseil extra-ordinaire avec les autres partis de l’opposition. Nous nous avons critiqué que cela allait crisper les relations entre école et parents, sur le paiement des factures. Nous proposons que la marge budgétaire de 800.000 euros soit investi dans l’enseignement, en engageant des enseignants supplémentaire pour pouvoir organiser un soutien scolaire après les cours.

Il est aussi important que l'école sensibilise et agisse en faveur de valeurs démocratiques et d'égalité, notamment entre différentes cultures, ou filles-garçons.

Nous sommes par ailleurs pour favoriser au maximum une école inclusive où, grâce à des moyens supplémentaires (matériels et humains), les enfants porteurs de handicap ou troubles auraient leur place.

3)      Infrastructures dans et autour de l’école. Actions prioritaires :

 

Nous voulons créer de nouvelles écoles pour faire face à la croissance démographique. 

Nous avons interpellé la Bourgmestre, qui a explicitement dit qu’elle ne créera plus de places en primaire car « le boom démographique est déjà passé ». On « risque de se retrouver avec des écoles moitié vides ». C’est un scandale. Il y a une surpopulation de nos écoles. Des cours de récré sacrifiées pour des conteneurs, des réfectoires supprimées pour des classes extra. Diminuer le nombre d’élèves par classe est presqu’impossible car « pas assez de locaux de classe ». Justement, nous devons créer les écoles nécessaires MAINTENANT. Comme ça dans 6 années, nous aurons enfin les locaux pour commencer à diminuer le nombre d’élèves par classe.

La commune a sacrifiée 400 places en maternelle (non-obligatoire) pour en créer en primaire (obligatoire). C’est creuser un trou pour remplir un autre. Les parents ne trouvent plus de places en maternelle, et donc des générations d’enfants se retrouveront en première primaire avec peu ou pas de scolarisation…

Nous avons besoin d’une vision de long terme plutôt que des plans d’urgence sous-financés qui poussent les écoles existantes à avoir des classes surchargées d’élèves.

Les communes doivent plaider pour qu’il y ait un plan ambitieux de construction et de rénovation des écoles au niveau de toute la région bruxelloise. Pas via des appels à projets, mais un plan contraignant pour toute la Région.

Les infrastructures de l'école devraient être considérées comme s'intégrant dans la vie de la commune. Ainsi, là où des partenariats entre la commune et l'école permettent à ces dernières de profiter des piscines communales et autres infrastructures sportives, les écoles pourraient devenir des lieux où les asbl et associations sportives et culturelles pourraient s'intégrer. 

4)      Fonctionnement de l’école. Actions prioritaires :

 

Nous voulons augmenter l’effectif des équipes pédagogiques et éducatives afin de mieux encadrer les élèves. Avec des enseignants, mais aussi des logopèdes. Il faut remédier, de manière ciblée, aux difficultés des élèves dès qu’elles se présentent.

Nous voulons des classes plus petites, surtout au début de la scolarité, car il est primordial de remédier à temps aux difficultés des jeunes : 15 élèves par classe pendant la maternelle et les 2 premières années du primaire, 20 élèves par classe ensuite.

Nous voulons créer un « pool » d’enseignants remplaçants. C’est une mesure qui permettra d’éviter que les élèves perdent de nombreuses heures de cours. Et cela garantira une sécurité d’emploi avec une année complète de salaire pour les professeurs remplaçants qui n’ont pas encore de place fixe ni d’horaire complet.

En tant que parti bilingue, nous voulons généraliser l’immersion linguistique dans les écoles bruxelloises. La commune doit montrer l’exemple. Elle peut par exemple organiser l’échange de professeurs entre écoles francophones et néerlandophones.

Nous préconisons la méthode EMILE : dès la 3e maternelle, les enfants suivent certains cours généraux dans l’autre langue, en plus des cours de langue étrangère qui continuent à être donnés de manière classique. Le nombre d’heures données en immersion augmente progressivement jusqu’à la fin du cursus.

Nous allons d'ailleurs déposer une résolution à la Région bruxelloise et avons déjà obtenu une victoire dans une école schaerbeekoise où les enfants néerlandophones et francophones pourront jouer dans la même cour sans être séparés par une barrière.

 

Question FAPEO:  3.  Si vous êtes élu(e), quel modèle de dialogue et de concertation avec les parents d’élèves mettrez-vous en place ?

 

Réponse:

 

Le PTB va régulièrement à la rencontre des parents des écoles, aux portes d’écoles. 

Nous organisons aussi régulièrement des tables rondes avec parents les mercredis avant-midi.

Et puis, on se mobilise avec les parents : comme lors des garderies payantes, pour une école bilingue, ou contre la suppression des cours de natation, ou en soutenant Aziz de l’école 1 pour la préparation du CEB...

Nous voulons que les bâtiments des écoles communales restent ouverts lorsqu’il n’y a pas cours : pour des activités culturelles et sportives en soirée, et le week-end. Nous voulons une école ouverte sur le quartier.

Nous voulons que les écoles aient les moyens d’offrir une médiation entre les familles et l’équipe éducative pour prévenir conflits et incompréhensions.

Nous voulons que le personnel éducatif soit formé et ait le temps de travailler à l’inclusion d’un public socialement et culturellement divers.

Question FAPEO 4. Quelle est votre vision pour construire un enseignement communal de qualité et pour tous ?

 

Réponse :

 

Comme les soins de santé ou le logement, l’enseignement est un droit fondamental, pas un privilège. C’est donc à la société de garantir un enseignement de qualité pour tout le monde. Ce n’est pas aux parents de stresser pour trouver des solutions pour leurs enfants. L’école doit être source de plaisir d’apprendre. Pas un ennemi pour les enfants et les parents. L’école doit être le lieu où chaque enfant a une place garantie, où il s’épanouira pour devenir l’adulte de demain. Nous devons changer l’école en profondeur. À commencer par la gratuité. Des bonnes écoles pour tous au coin de la rue. Des écoles où il fait bon vivre et apprendre. Des écoles « parents admis », où les parents et les élèves ont leur mot à dire. Des écoles qui aident les élèves à comprendre le monde pour mieux le transformer. Oui, c’est ambitieux, mais nous n’en attendons pas moins !

Si l’on souhaite un système éducatif ambitieux, du point de vue collectif, mais aussi individuel, il faut s’en donner les moyens, et les moyens financiers aussi.

Jusqu'à 1980, l'enseignement était financé à hauteur de 7% du PIB. C'est à ce taux que nous voudrions revenir. Actuellement, il est de 6,7 % dans l'enseignement néerlandophone et 6,2% dans la Fédération Wallonie-Bruxelles. Et on subit année après année des coupes dans l'enseignement.

Est-ce qu'en Belgique, il n'y a peut-être pas assez de richesses ? Non, la productivité a augmenté, et 2016 a connu une augmentation de 16 000 nouveaux millionnaires. Le prix d'un seul avion de chasse F35 permettrait de construire 47 écoles primaires (et le gouvernement prévoit d'en acheter.. 34). Alors, c’est une question de priorités. Avec le PTB, nous proposons aussi une taxe des millionnaires, qui rapporterait plus de 8 milliards par an, dont 1,6 milliard sont prévus pour l’enseignement.

Notre programme pour Molenbeek sera en ligne bientôt sur molenbeek.ptb.be. Mais si vous voulez déjà avoir un aperçu, vous pouvez consulter le programme du PTB de la Ville de Bruxelles: https://bruxelles.ptb.be/une_ville_ou_les_enfants_reussissent_a_l_ecole